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Dossier (2/2) : Qui fait réellement le Top 14?

Suite et fin de notre dossier « Qui fait réellement le Top 14? ». Après une large revue de la répartition des joueurs des différents clubs, retour sur la fameuse réglementation du JIFF (en théorie) et sur sa mise en pratique dans les clubs.

En théorie : qu’est ce que le JIFF?

Définition
Le JIFF qui veut dire « Joueurs Issus des Filières de Formation ». Un joueur JIFF est un joueur ayant (pendant la tranche d’âge des filières de
formation) :
– passé au moins 3 saisons au sein d’un centre de formation agréé d’un club de rugby professionnel
ou
– été licencié pendant au moins 5 saisons à la FFR à XV

Cette réglementation ne comprend aucune référence à la nationalité du joueur ou à son lieu de naissance. Ainsi, un joueur Fidjien ayant été licencié 5 ans à la FFR durant sa période de formation peut être considéré comme JIFF.

Mise en pratique
Depuis cette année (saison 2010-2011), chaque club de TOP 14 doit disposer dans son effectif d’un nombre minimum de joueurs JIFF.

Ce nombre minimum est basé sur un effectif de 35 joueurs sous contrat professionnel par club. Ainsi, ne sont pas comptabilisés dans ces 35 joueurs, les joueurs du centre de formation agréé, les joueurs recrutés en tant que joker médical et les joueurs non comptabilisés en application des Règlements de la LNR.

Les joueurs appartenant à l’une des trois catégories peuvent donc indifféremment être « JIFF » ou « non JIFF ».

La LNR a décidé d’échelonner la mise en place de cette réglementation de la façon suivante :
– 40% (14 joueurs sur 35) de JIFF dans les effectifs en 2010-2011
– 50 % (18 sur 35) de JIFF lors de la saison 2011-2012*
– 60 % (21 sur 35) de JIFF lors de la saison 2012-2013

* Pour des raisons de coupe du monde, la LNR a finalement décidé de figer les JIFF dans les effectifs à 40% lors de la saison 2011-2012

Pour quels effets?
Le JIFF a été mis en place pour favoriser la formation et le développement des jeunes au sein des clubs de Top 14 et éviter de créer des effectifs uniquement basés sur des joueurs étrangers (voir la répartition des joueurs étrangers dans le Top 14).

Bonne idée me direz-vous…mais ces joueurs JIFF sont comptabilisés par mi un effectif et par parmi un groupe de joueurs appelés à disputer un match. En clair, une équipe de Top 14 peut composer sont groupe avec seulement 2 joueurs JIFF.
Alors oui, en théorie, cette réglementation est intéressant mais en pratique, elle peut totalement être « inappliquée ».

Cette réglementation est-elle utilisée à bon escient dans les clubs? Voyage au coeur de l’effectif toulonais.

Le JIFF, en pratique avec le RCT

Partons donc du principe que le JIFF doit favoriser l’utilisation de JIFF et donc leur donner du temps de jeu. Regardons donc, l’effectif toulonnais de plus près.

Qui joue à Toulon?
Pour rappel, après 12 journées, sur les 38 joueurs utilisés par PSA, 18 sont français, 5 sont anglais, 3 sont néo-zélandais, 2 sont australiens, 2 sont argentins, 2 sont sudafs. Puis le RCT dispose d’un joueur de chaque nationalité suivante : Tonga, Samoa, Japon, Géorgie, Fidjien et
Ecosse.

Le XV type
Si on y regarde d’un peu plus près, le « XV type » de PSA est composé de : 4 anglais, 4 français, 2 argentins, 2 néo-zélandais, 1 écossais, 1 sud-africain et un australien (Georges Smith)

Parmi les JIFF de ce XV type : Laurent Emmanuelli (34 ans), Pierre Mignoni (33 ans), Jocelino Suta (28 ans) et Sébastien Bruno (36 ans).

Un XV type avec 4 JIFF qui ne le sont pas vraiment.

Le groupe type
On ajoute au XV type, 4 français, 1 fidjien, 1 tongien, 1 géorgien et 1 néo-zélandais.
Parmi ces 4 autres joueurs français, on compte Christophe Samson (26 ans), Geoffrey Messina (28 ans), Thierry Brana (24 ans) et Olivier Missoup (29 ans).

8 JIFF dans un groupe de 23 joueurs, cela fait déjà moins de 40% de joueurs JIFF dans le groupe type de PSA. Pour pousser l’exercice un peu plus loin, à y regarder de plus près, deux joueurs peuvent vraiment être considérés comme JIFF : Brana et Samson…donc 2 sur 23 joueurs (à peine 10%).

Que peut-on en conclure?
Que le JIFF est une bonne idée en théorie mais qu’en pratique, le JIFF n’a eu aucune incidence dans la gestion des effectifs dans certains clubs.
Aux clubs de Top 14 de se responsabiliser et d’intégrer la formation au coeur de la gestion de leur effectif…avant des objectifs purement business.

Ainsi, le Top 14, considéré comme le meilleur championnat de rugby du monde, doit se nourrir aussi bien de jeunes joueurs que de joueurs de classes mondiales. Il ne doit plus se cacher d’être un championnat « star » mais ne doit pour autant pas oublier que son évolution passe aussi par la qualité de sa formation…et il faudra faire bien plus à la LNR que la réglementation du JIFF pour faire évoluer notre championnat. L’enjeu est également celui de la qualité de notre équipe de France.

6 commentaires sur “Dossier (2/2) : Qui fait réellement le Top 14?”

  1. Moi dit :

    L’Express a repris l’article en mettant « RACING Club de Toulon »!!!!!
    Et puis, y’a que Toulon qui « détourne » le JIFF ou c’est parce que c’est facile?

    En foot, un club aurait 3 champions du monde comme le RCT on crierait au génie, là on tape dessus! Incroyable!!!!

    Carter ou Wilkinson sont des Lionel Messi, ils jouent ou ont joué ou joueront en France et on n’est pas contents?

  2. Renaud dit :

    Avouez que le lapsus est révélateur. Racing Metro et RCT n’ont pas tout à fait la même politique « sportive » mais ils sont deux exemples criants de ce qu’il se passe aujourd’hui dans le rugby français : des clubs de Top 14 puissants basés sur une armée de joueurs étrangers.
    Est-ce à votre avis une politique pérenne pour le rugby français.

    Vous parlez du football, regardez l’exemple anglais et vous devriez être convaincu qu’avoir un championnat puissant n’arrange pas tout. Surtout lorsqu’il s’agit de disputer une coupe du monde.

    N.B : Je vais faire corriger l’erreur sur L’Express. Merci.

  3. Moi dit :

    Donc pourquoi avoir choisi « l’exemple » du RCT et pas du RM92?

    Quant à l’équipe nationale anglaise, votre remarque est ridicule: l’équipe nationale d’Angleterre n’a JAMAIS été compétitive dans son histoire…vous allez me reparler du titre de 66 mais avant ils ont gagné quoi? Rien…et après? Rien n’ont plus!

    Enfin, interrogez des entraîneurs et vous verrez que la raison pour laquelle ils prennent des étrangers est aussi que les Français ont tendance à ne pas trop se « sortir les doigts du cul » par rapport à des étrangers!
    Vous citez Toulon, et au loup comme les autres; mais il y a combien de joueurs de l’hémisphère Sud à Aurillac et en PRO D2 en général? Et en Fédérale, il y a combien d’étrangers? Faites des recherches et vous verrez que c’est environ 30% de l’effectif général.

    Je pense que dire que les étrangers sont une nuisance our l’équipe de France est un faux débat. En 1906 lors du 1er match officiel de la France face à la Nouvelle-Zélande, il y a combien de non-français dans le XV de France? de mémoire 2: 1 Gallois et 1 Anglais qui mourra en camp de concentration…
    Enfin, les équipes néo-zélandaises sont constituées à 95% de joueurs locaux (et bien souvent des Samoans ou Tongiens assimilés, comme Umaga ou Lomu par exemple) et ils ont été combien de fois champions du monde? 1 seule fois en 1987! Comme quoi…

  4. Moi dit :

    Je me permets d’ajouter:

    Que veut-on réellement?
    – Des équipes françaises constituées uniquement de Français (ce qui est impossible selon les règlements internationaux) avec un championnat aussi chiant que la Ligue 1 de foot (où le joueur le plus brillant -Lisandro- est un étranger) ou des équipes françaises capables de rivaliser avec des équipes européennes comme le Munster ou Leicester elles aussi constituées de nombreux étrangers?
    – Franchement, voir des types come Hayman, Steyn, Wilkinson, Van Niekerk, Caucaunibuca ou Carter jouer en France, je trouve ça « kiffant » comme disent les joueurs…
    Avant on avait quoi? Vincent Moscato? Que du bonheur effectivement…

  5. Renaud dit :

    Parce qu’il fallait un exemple. Les sorties du président médiaco médiatique Mourad Boudjellal a sans doute fait pencher la balance du côté du RCT.

    Pour être clair, je n’ai rien contre les joueurs étrangers dans le Top 14, bien au contraire. Pour autant, cela ne doit pas être au détriment du rugby français. Tout dépend, comme vous le dites, de ce que l’on veut.

    Vous faites bien de parler d’Aurillac. Tout le monde s’est enflammé comme pas possible il y a quelques semaines…bien comme à chaque fois Aurillac, ça sera le ventre mou. Rien de mieux. Ils auraient pu vous donner raison. Leur recrutement est un recrutement à court terme.
    En ProD2 ou en Fédérale, c’est la même chose. Prenez l’exemple Lomu. Du recrutement tape à l’oeil qui cache un peu la réalité des clubs amateurs. Beaucoup sont au bord de la crise financière (et c’est pourquoi, il faut réagir maintenant et instaurer des provinces).

    Continuons à raisonner à court terme. Abreuvons les caisses et tuons le rugby amateur.

    Pour rappel, l’objectif de ce dossier était simplement de montrer qu’une nouvelle fois, on fait les choses à moitié : on fait des directives qui – en théorie – sont intéressantes mais – en pratique – tout le contraire.
    Cette directive du JIFF n’a pas de sens.
    Trouvez-vous cela normal que la LNR laisse le JIFF à 40% après la coupe du monde? Tout ça pour ne pas pénaliser les gros.
    Ce qui m’agace, c’est que des clubs comme Bourgoin crève la gueule ouverte alors qu’ils ont une politique de formation mais pas de moyens.

    Ne faisons pas de directives plutôt que d’être ridicule. Cette réglementation n’a pas de sens. Une nouvelle fois la LNR se fout de la FFR et du XV de France.

  6. Moi dit :

    Non, mais attendez, Bourgoin s’ils en sont là c’est de leur faute…quel est le bassin économique de Bourgoin? Que dalle!

    Historiquement ils représentent quoi en ce qui concerne les titres? Rien…moins que Béziers, Lourdes ou même Quillan qui sont où? Dans les limbes des championnats. Et pourtant ils avaient des étrangers eux aussi.

    Vous avez choisi Toulon pour les sorties médiatiques de son président? Et? Il n’y a donc pas d’objectivité dans votre choix…

    Quant à Aurillac je les ais choisis pour prendre une « petite équipe » mais ça fait 10 ans qu’ils prennent des sud-afs. On peut choisir plein d’autres équipes qui sont au top…

    Si les clubs sont au bord de l’asphyxie financière en Fédérale ou autre c’est que:
    1- Il faut arrêter de faire croire que le rugby à grand-papa doit continuer et créer une vraie Fédérale 1 avec une trentaine de clubs plutôt qu’un truc ridicule où certaines équipes prennent 50 pions tous les week-ends, où les joueurs ne sont pas préparés ensuite à jouer en D2 (d’où la nécessité de prendre des étrangers), et où les structures des clubs ne supporteront pas ce passage (Gaillac, Bg en Bresse, Lannemezan, Tyrosse,…).
    2- Les bassins d’entreprise et collectivités locales petites ou moyennes ont d’autres priorités que des clubs de rugby qui ne parviendrons JAMAIS aux titres suprêmes.

    Pourquoi Béziers était si fort dans les 70’s? Parce que les vgnerons locaux étaient riches et permettaient de sortir le carnet de chèques pour attirer les meilleurs joueurs! Jene parle même pas de Quillan et de son « chapelier »!

    La régionalisation du rugby va se faire « naturellement »; d’ailleurs Dax est en train de s’en rendre compte. Mais votre propos est contradictoire car vous pleurez sur Bourgoin alors que localement c’est Lyon qui survivrait…là où je vous suis c’est qu’il faut arrêter de faire croire certaines choses aux gens. Colomiers ne peut pas vivre dans l’ombre de Toulouse; Biarritz et Bayonne n’ont pas d’autre choix que de fusionner; Dax, Mont de Marsan, Tyrosse ça fait de trop, etc, etc.

    L’avenir du rugby est simple: un club phare régional et des clubs locaux qui serviront de « super centres de formation » en permettant de faire jouer des jeunes en D2 ou en Fédérale avant qu’ils viennent grossir les rangs du club local. De temps un temps un de ces clubs satellite montera d’un cran histoire de faire plaisir aux partenaires.

    Et, vous savez quoi? Le meilleur moyen de régler le problème du championnat de France c’est 12 clubs en Première division, une montée et une descente (16 en D2 et 1 montée une descente aussi). Statistiquement, jamais les deux promus n’ont réussi à se maintenir.

    Ou alors, une ligue fermée comme aux USA ou en Angleterre…mais là…

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