Super 15 Rugby : la chronique après deux journées - Rencontresaxv.fr Rencontresaxv.fr est un blog sur le rugby qui traite de l'actualité du rugby en France et à l'étranger. Pour les amoureux du ballon ovale

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Succès et infortune sur les deux rives de la mer de Tasman

Si les All Blacks restent toujours au sommet de la hiérarchie mondiale, il n’en est pas de même pour les provinces Néo-Zélandaises du Super 15. La chronique de Sudrugby.com.

Richie Mccaw, le grand absent des Crusaders

Richie Mccaw, le grand absent des Crusaders

Peur et tremblement chez les Crusaders
Les Crusaders semblaient être les seuls à pouvoir conserver une place au sommet de l’élite sudiste mais c’était avant ce 22 février dernier où la terre a tremblée à Christchurch. Le week end auparavant, les hommes de Todd Blackatter avaient déjà montrés quelques lacunes lors de la première journée où, en l’absence de leur leader Richie McCaw et de leur recrue phare Sonny Bill Williams, ils se sont inclinés à l’Eden Park face aux Blues.
Depuis le tremblement de terre les joueurs, surpris pendant l’entraînement, sont terriblement choqués et se retrouvent également privés de leur enceinte, l’AMI Stadium, dont la structure doit être expertisée et la pelouse complètement refaite. Leur nouveau point de chute se trouve à plus de 400km au Nord, à Nelson, où ils évolueront au Trafalgar Park, habituel antre des Tasman Makos en ITM Cup.

Leur rencontre prévue le week end dernier face aux Hurricanes a été annulée et pour leur retour à la compétition ils devront affronter des Waratahs en très grande forme. Si les Crusaders ne réussissent pas à se remettre de ce terrible coup du sort, il y a fort à parier qu’aucune autre province kiwi ne parvienne à prendre le relais, comme l’ont illustré les défaites sans saveur des Blues et des Chiefs face à des Sharks et des Brumbies pourtant affaiblis en ce début de tournoi. Je suis pessimiste à leur sujet car elles semblent avoir été victimes d’un syndrome habituellement propre au rugby français, la faible confiance accordée aux jeunes au profit de la soi disante expérience des anciens. Les départs de Tuitavake, Bateman, Wulf, Bowden, Waldrom ou Ellison vers l’Europe et le Japon n’ont été compensés que par l’arrivée de « vieux » comme Tana Umaga, Brad Mika, Tony Brown ou Mahonri Schwalger et le réservoir ne semble plus aussi dense qu’auparavant.

De l’autre côté de la mer de Tasman
Affront suprême, certains déçus ont traversé la mer de Tasman pour renforcer les franchises australiennes. Alors que le pays manque cruellement d’ouvreurs derrière Carter, Michael Harris est parti seconder Quade Cooper aux Reds. Willie Ripia et David Smith se sont eux installés à Perth pour rebâtir l’attaque de la Western Force sans compter les nombreux kiwis qui participent au lancement des Melbourne Rebels. Brumbies et Waratahs ont eux aussi pioché dans les oubliés de coachs Néo-Zélandais qui devraient bientôt s’en mordre les doigts.

Un Super 15 australien?
Les Australiens sont eux sur la pente ascendante depuis 2007 où leur Super 14 et leur Coupe du Monde furent déplorables. Avec le retour de John O’Neill aux commandes de la fédération et l’arrivée de Robbie Deans à la tête de l’équipe nationale, le style des Wallabies a profondement changé et a tout naturellement influencé ses provinces. Ces dernières années ont sonné le glas d’un jeu stéréotypé basé sur du physique à outrance au profit de plus de légèreté et d’un jeu d’attaque rapide. Certes les défenses semblent plus friables mais si l’adversaire touche moins de ballon, le risque est moindre. A être trop conservateur, les Européens ont oublié l’essentiel : jouer et se faire plaisir!

Le renouveau des Waratahs
Les Waratahs ont entamé une spectaculaire remontée depuis 2008 où ils ont toujours terminé dans les cinq premiers grâce à un recrutement intelligent (Barnes, Mitchell, Mowen ou Burgess) et en faisant surtout confiance aux jeunes (Beale, Turner, Horne voire Mumm). Ils sont cette année considérés comme les grands favoris de la compétition et n’ont pour l’instant pas déçu avec deux larges victoires bonifiées. Les Reds, touchés par des inondations démentielles et un ouragan en début d’année, ont également enclenché un redressement spectaculaire et inattendu sous la houlette d’Ewen McKenzie dès son licenciement du Stade Français, et s’affichent désormais comme un sérieux outsider pour la victoire.

Mais la surprise pourrait venir de Perth où le départ de John Mitchell remplacé par son ancien adjoint, Richard Graham, également ancien adjoint de Robbie Deans chargé des « skills » des Wallabies, a changé le type management et l’état d’esprit de la franchise. Libérés de l’omniprésence du technicien kiwi, les coéquipiers de Nathan Sharpe devraient offrir un jeu proche de celui de l’équipe nationale avec en chef d’orchestre un James O’Connor repositionné à l’ouverture ou en premier centre. Graham s’est basé sur de nombreux oubliés des autres provinces ainsi que sur des joueurs revanchards. Après être passés près de l’exploit face aux Reds à Brisbane, leur match de ce week end face aux Sharks à domicile pourrait servir de véritable mètre étalon. Ancienne place forte du rugby australien, les Brumbies semblent désormais assez loin de leur niveau passé. Leur coach Andy Friend vient d’être remercié après seulement deux journées et l’on ne sait plus trop qui commande dans cette franchise. La défaite face à des Rebels pourtant fébriles à tiré la sonnette d’alarme mais n’y avait-il pas d’autres solutions?

En 2007 deux provinces Sud-Africaines (Bulls et Sharks) s’étaient retrouvées en finale du Super 14 alors que dans le Nord deux clubs anglais (Wasps et Leicester) s’étaient affrontés en finale de H Cup, et l’on se souvient tous de l’affiche de la finale de la Coupe du Monde au Stade de France. Ce tournoi 2011 pré-mondial est donc important car il permettra de juger indirectement le niveau des trois principales nations sudistes. Et pour le moment les atouts se trouvent du côté australien.


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