« Économiquement c’est dur. Chez nous on n’a que dalle ! » - Rencontresaxv.fr Rencontresaxv.fr est un blog sur le rugby qui traite de l'actualité du rugby en France et à l'étranger. Pour les amoureux du ballon ovale

Rencontresaxv.fr

« Économiquement c’est dur. Chez nous on n’a que dalle ! »

Philippe Bernat Salles

Philippe Bernat Salles

Philippe Bernat-Salles est un président heureux. Depuis 2010, il préside la Ligue Nationale de Handball, une « histoire de copain, depuis que Philippe Gardent (entraîneur de Chambéry) m’a ouvert son vestiaire il y a quelques années ». Un bail qu’il compte bien renouveler cette année d’ailleurs.

Le palois de naissance a gardé son pied à terre biarrot, et regarde avec un oeil averti, mais sans prétention, la situation délicate des clubs basques. Entre deux rendez-vous et avant de rendre visite à son voisin de quartier du XIIIème arrondissement parisien, un certain David Douillet, il s’est entretenu avec RencontresàXV sur l’actualité morose du Pays Basque.

Dur saison pour les deux clubs basques que tu connais bien…

Je n’ai pas la prétention de savoir ce qu’il faut faire. Mais dans nos sports (Phillipe dirige la Ligue Nationale de Handball depuis 2010) on a des mentalités, un état d’esprit, des valeurs. Quand on met quelqu’un (Alain Afflelou) qui ne connait pas ce milieu, même si il est partenaire d’un club et qu’il met du pognon, ça peut ne pas marcher. J’ai 7 campings, je les gère très bien, mais si demain tu me donnes 7 boucheries à gérer je ne sais pas si je vais y arriver. Il n’y a pas de valeurs, dès que ça va pas, on dégage. Les gens en place ce n’est pas du bétail. Encore une fois, la force de nos sports c’est qu’il faut vraiment manager des hommes, avoir un système de jeu et une cohésion très forte pour gagner des matchs.
C’est un peu la même chose à Biarritz, il n’y a que des internationaux mais c’est pas pour cela que ca marche. Parce qu’à un moment donné, la mayonnaise, même si tu as les œufs frais et la bonne huile, si tu n’a pas bien fais le truc, ça prend pas.

Qu’est ce qui n’a pas marché à Bayonne ?

Je ne sais pas, si je le savais, je serais manager de la meilleur équipe du monde. Mais c’est sur que le manque de stabilité dans le club ça joue. Quand tu es entraineur d’un club de première division, que toutes les semaines tu lis que tu as ta tête sur le billot, ça donne à réfléchir… Les joueurs le sentent et tu es moins serein.
Les recrues sont arrivées tard à cause de la Coupe du monde, et, au bout de deux matchs, ils se sont fait virer alors que c’est justement là qu’il faut prendre le temps de travailler, de les intégrer. Après, tu fais revenir Elissalde que tu a viré ya 4 ans. Les coachs avant était trop gentil alors je vais être plus méchant. Bilan, au bout de trois matchs tu dégages et c’est un pote à moi, Denis Avril, qui va entrainer. Ça va être costaud quoi…

Et le BO alors ?

Et bien, pas de recrutement à l’intersaison. Pour la Coupe du monde, il y avait 15 internationaux dehors et il n’a recruté personne… Quand les mecs rentrent, et bah c’est trop tard. Bon attention, je pense qu’ils vont se sauver, mais la saison est morte ! Il a même pas pris un buteur ce « con » de Blanco (rires), non mais c’est vrai, quand Yachvili n’est pas là, bah c’est plus compliqué…

Tu penses que c’est un problème financier ?

Ouais je pense que Biarritz ils ont des problèmes de ronds. C’est dur, mais ce n’est pas forcement dû au retour de Bayonne. Quand il faut sortir 20 millions d’euros de budget, à Biarritz, ce n’est pas évident. Au niveau économique ya rien ! Tu as le port des pêcheurs et la boucherie des Halles. Bon il y a un partenaire comme Capgemini, mais il ne peut pas te filer 20 millions d’euros comme ça. Après des partenaires, des mécènes nationaux, t’en trouve. Mais je pense que c’est bien de pouvoir faire ton économie sur un tissu local. Et à Biarritz, à Bayonne, y’a rien. Il y a Dassault, d’accord, mais bon globalement y a pas grand-chose… C’est bien d’avoir des mécènes nationaux, mais regarde Castres, Clermont, ils ont quand même des poids lourds économiquement. Les Laboratoires Fabre c’est 60% du budget, Michelin c’est 80%… Il y a de la matière. Chez nous on n’a que dalle…

Donnez votre avis