Victor Paquet, jeune rugbyman chômeur du Top 14 - Rencontresaxv.fr Rencontresaxv.fr est un blog sur le rugby qui traite de l'actualité du rugby en France et à l'étranger. Pour les amoureux du ballon ovale

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Victor Paquet, jeune rugbyman… chômeur !

International -17, -18, -19, Victor Paquet (ici à droite en première ligne) a côtoyé à plusieurs reprises les joueurs du XV de France

1m86, 114 kg. Un physique avantageux pour un première ligne, français qui plus est, polyvalent (à gauche et talon) et formé… au Stade Toulousain ! Bref, Victor Paquet dispose sur le papier d’un profil très recherché en Ovalie (Jeune, JIFF…) où l’on se complait à dire que les Géorgiens viennent piquer la place de nos piliers. Ce qui, à terme, mettrait en péril notre cher XV de France…

Oui mais voilà. Après une saison « en dents de scie » comme il le dit, son contrat n’est pas renouvelé au Stade Toulousain. L’été n’est qu’une succession de rendez-vous manqués (Carcassonne le plante au dernier moment alors qu’il avait donné son accord dès le mois de mai dernier), et la saison 2012-2013 commence sans lui.

Ce n’est que demain soir, à Londres, que Victor Paquet débutera officiellement sa saison à l’occasion d’un match amical entre les Saracens et le Stade Français. En effet, les Parisiens ont répondu à l’invitation des Londoniens pour un match exceptionnel au cœur de la City. Seul hic, le Stade joue samedi à Bayonne pour la 2ème journée du Top14. Le club s’est donc associé avec le syndicat des joueurs, Provale, pour faire participer cinq chômeurs et un maximum de jeunes joueurs du club à ce match.

Après un été de longue attente et de déceptions, c’est une lueur d’espoir pour ces joueurs oubliés du rugby Français. Pour briser la glace et l’isolement, Victor Paquet a décidé de raconter son aventure dans un journal de bord sur RencontresàXV. La confession d’un été sans fin… Extraits.

Après une saison « en dents de scie », son contrat n’a pas été renouvelé au Stade Toulousain

JOUR 1. Comme un gosse avant une rentrée, je suis un peu anxieux la veille de partir, peur d’oublier quelque chose dans mon sac, hâte de retrouver le chemin du terrain.. Bref je ne dors pas beaucoup la nuit de lundi 20 août car je suis stressé au possible. Ca y’est on y est, j’ai la patate en me réveillant, je prépare mes dernières affaires, et hop je file à l’aéroport. Je rejoins un autre joueur dans une situation identique, quelqu’un avec qui j’ai joué ma première année en espoir, Quentin D’aram De Valada, qui était parti à La Rochelle et qui s’est un peu fait prendre pour une bille. Je suis heureux de le voir même si j’aurai préféré le revoir dans d’autres circonstances, on se raconte un peu nos aventures assez semblantes chacunes, on hallucine un peu de ce qui nous arrive.

Jouer avec le Stade Français contre les Saracens. Qui l’eut cru ? Moi, le dernier. On se dit que la seule chose à faire est de profiter, que cette expérience ne peut être que bénéfique pour nous. On arrive à Paris, on rejoint les trois autres joueurs contactés par Provale, Olivier August (Ex joueur de Dax), Yannick N’Gog (Ex joueur de Carcassonne) et Thomas Sourice (Ex joueur de Aix-en-Provence et de Toulon) puis les personnes de Provale qui ont tout organisé, si bien.. On mange ensemble, on échange nos premières impressions, on remercie Provale d’avoir fait ça, d’avoir pensé à nous etc… Repas fini, direction la sieste car l’entraînement initialement prévu à 14H est reporté à 18H pour cause de grosses chaleurs. Le temps de la sieste me paraît une éternité, j’ai tellement envie d’aller m’entraîner, c’est fou comme une passion peut vous manquer aussi intensément.

Départ pour l’entraînement, j’ai la boule au centre il me tarde d’y arriver. On découvre un peu Paris, pas trop de bouchons selon le préparateur physique qui est venu nous chercher : normal c’est le mois d’août dit-il, lol . Ca change de Toulouse ou je faisais 2min de scooter pour aller m’entraîner chaque jour, de plus il n’y a pas de centre d’entraînement, ce qui paraît fou pour un club de cette envergure alors on se rend à un de leur terrain, dans un espèce de château privé en plein Panam, trop bizarre. Bref on s’en fout, pour le moment l’entrainement me tarde tellement… On arrive au terrain, première rencontre avec un joueur : Felipe Contepomi, premiers échanges, on se présente et on file voir l’intendant qui nous passe une dotation sympa pour les trois jours qui arrivent. Les joueurs arrivent au fur et à mesure, je retrouve La Bez (Nico Bézy), ça me fait très plaisir de le revoir même si j’aurai préféré qu’il joue contre Bayonne… Les entraineurs arrivent, les derniers joueurs, j’en peux plus ! C’est long,  je vois des ballons,  j’ai envie de les prendre mais n’ose pas, je ne connais pas la maison.

C’est parti !! Touché de ½ heure, on voit quelques lancements;  j’en chie au bout d’un moment car, comme un âne, tellement j’ai envie,  je cours partout. L’entraînement se passe bien:  on fait 1H en tout et pour tout; c’est court mais dur à la fin, du coup je m’étire pendant au moins 20min, obligé, autrement je me demande comment je vais faire demain ! On nous ramène,  je rentre un peu dans ma chambre,  je profite et je ferme les yeux 10min. Que m’arrive-t-il ? Ne suis-je pas dans un rêve ? Il me faut profiter un max, alors j’écoute de la musique , j’ai la boule au ventre, je commence à avoir les larmes aux yeux.. Une sensation bizarre est en moi, j’ai l’impression de voir le bout du tunnel, certes c’est quelques jours mais tellement kiffant !! Je sais très bien que vendredi, le retour à la réalité sera difficile, je sais aussi que je serai courbaturé, que j’aurai mal partout mais ça va me faire tellement de bien de me sentir comme ça putain ! Ce soir on a mangé tous les 5 ensemble avec Gael (le directeur de Provale), ce repas était si plaisant, tellement bonnard. On a échangé nos interludes dans nos anciens clubs respectifs, rigolé d’anciens joueurs que certains ont eu en entraîneur et qui étaient totalement barjots, diverses anecdotes qu’on a plus ou moins eu chacun. J’aurai aimé que ce repas dure des heures. Le rugby c’est ça, on se connaît depuis à peine 12H et on échange, on rigole, on se fend la poire, je trouve même déjà qu’il y a une certaine solidarité entre nous.

Je ne remercierai jamais assez mes parents de m’avoir mis au rugby, ma vie ne s’axe qu’autour de ça et je pensais en être rassasié à certains moments, mais loin de là ! Cette passion me restera à vie je le pense sincèrement ! Vivement demain, mais surtout vivement Jeudi 18H, enfin plutôt après 18H45 pour moi car je suis remplaçant mais c’est déjà bonnard !

3 commentaires sur “Victor Paquet, jeune rugbyman… chômeur !”

  1. Benoist dit :

    Allez mon totor, t’es un as, je sais que tu vas rebondir et faire regretter à certains , leur manque de confiance … Et si t’as le blues, tu sais ou me trouver … Bisous

  2. Aymeric de la Meuse ;-) dit :

    Courage Totor. tu leur prouveras à tous qu’ils se sont bien trompés… je te souhaite le meilleur et qui sait (et je te le souhaite vivement) tu seras peut-être parisien l’année prochaine… Après « eul Marc » si tu as besoin, tu sais que je suis sur Paris.
    Bises

  3. […] semaine, Rencontres à XV vous plonge dans le quotidien de Victor Paquet, jeune pilier issu de la formation Toulousaine, et actuellement au chômage. Ce jeudi, à 18 […]

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