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Super 15 : les images fortes de la finale

Quel rythme, quelle intensité. Même si nous n’avons pas assisté à une orgies de points, cette finale entre les Reds et les Crusaders restera dans les mémoires. Elle nous a offert trois essais de classe mondiale. Rencontresaxv.fr vous propose de les voir ou de les revoir.

Les Queesland Reds vainqueurs du Super 15 2011

Les Queesland Reds vainqueurs du Super 15 2011 (Crédits : Hannah Johnston/Getty Images AsiaPac)

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10 juillet 2011   1 commentaire

Super 15 : les Reds remportent leur premier titre

Les Queesland Reds ont remporté le premier titre de Super Rugby de leur histoire en battant les Canterbury Crusaders 18 à 13 Un sacre qui vient récompenser une saison parfaite des australiens.

Will Genia, auteur d'un superbe essai (Jonathan Wood/Getty Images AsiaPac)

Will Genia, auteur d'un superbe essai (Jonathan Wood/Getty Images AsiaPac)

Après un début de match à l’avantage des néo-zélandais et un essai à la 34ème minute de jeu de Dan carter sur un exploit personnel, les coéquipiers de Quade Cooper et de Will Genia ont su faire parler leur vivacité et leur explosivité. Le tout ponctué par un essai de 40 mètres de Digsby Ione à la 50ème minute puis par un essai de Will Genia de 60 mètres à la 67ème minute.

Connus pour leur rigueur défensive, les Crusaders n’ont su rééditer leur exploit de la semaine passée face aux Stormers en étant trop brouillon dans les phases de conquête. Les hommes de Todd Blackadder ne remporteront donc pas leur 8ème sacre dans la compétition.

Ewen McKenzie, de son côté, peut fêter dignement cette victoire historique des Reds en Super Rugby.

We are red, disaient-ils…

Retrouvez dès demain les images fortes de ce match sur rencontresaxv.fr.

9 juillet 2011   Pas de commentaire

Pampas XV ou la promotion du rugby argentin

En associant les mots Pampa et Argentine, j’ai une vision de grandes plaines, assis sur la terrasse d’une estancia devant un bife de chorizo arrosé d’un Malbec. C’est oublier que les Pampas sont aussi les représentants de l’Argentine pour leur première compétition internationale en club, la Vodacom Cup en Afrique du Sud. Attachez votre sac, voyage au coeur des Pampas.

Les Pampas ou la promotion du rugby argentin

Les Pampas ou la promotion du rugby argentin

Quand en 2010 l’introduction de deux équipes nationales dont l’Argentine à la compétition a été décidée, on aurait pu croire que ce pas en avant dans le développement du rugby aurait rencontré ses plus farouches détracteurs dans le camp des nations de l’hémisphère sud mais ça ne fut pas le cas.

L’origine du projet Pampas XV
Mené par l’UAR et le ministère des sports, ce projet faisant partie du PLADAR (Plan de alto rendimiento – Un plan pour le haut niveau) n’est pas vu d’un bon œil par les conservateurs de l’amateurisme de la URBA, la toute puissante fédération de l’état de Buenos Aires. Ceux-ci ont décidé d’exclure du tournoi de la URBA, les joueurs recevant une bourse de la UAR considérés dès lors comme des professionnels. Après un combat médiatique, où joueurs non concernés et anciens internationaux comme Agustin Pichot sont montés au créneau, les pontes de la URBA ont finalement fait machine arrière et ont réintégré ces joueurs sans condition. Un choix logique pour que le torneo de la URBA conserve une légitimité sportive, car même si certains Pampas viennent de Rosario, San Miguel de Tucuman ou Mendoza, la majorité est bien issue de la capitale.

Une première apparition dans l’hémisphère Sud en 2010
Pour leur première participation, les Pampas étaient basés dans un cadre idyllique à Stellenbosch dans le Western Cape, à quelques kilomètres de Cape Town, mais ils n’ont pas réussi à se qualifier pour les phases finales en terminant cinquièmes de la zone sud, avec trois victoires pour autant de défaites.

A l’issue de la compétition, quelques joueurs ont tapé dans l’œil des recruteurs en signant un contrat avec des clubs européens comme Fernandez et Bustos Moyano à Montpellier, Rodriguez Gurrachaga au Stade Français, Avramovic à Agen, Urdapilleta aux Harlequins ou San Martin avec Aironi. D’autres en ont profité pour effectuer quelques piges en tant que joker comme Creevy à Clermont, Galarza au Leinster ou Figuerola à Brive.

2011, changement radical
Cette saison, changement complet d’univers avec une installation dans la ville industrielle de Potchefstroom dans la North West province. Les Pampas ont su conserver une ossature de l’effectif de la saison passée enrichie de nouveaux talents ou d’anciens pro rentrés au pays.

Au final, aucune défaite pour les Argentins qui ont enchainé onze victoires jusqu’au titre. Un succès qui s’est matérialisé par une mêlée très puissante, les Blue Bulls ont d’ailleurs craqué dans cet exercice en finale, où les mêlées ont dû être simulées dès la 52e minute faute de premières lignes valides disponibles. Auparavant, les Argentins ont battus tour à tour les réserves de franchises du Super Rugby (MTN Golden Lions, Vodacom Blue Bulls, Toyota Free State Cheetahs, Sharks XV) ou de solides clubs comme les GWK Griquas voire les Welwitschias Namibiens. Nicolas Sanchez termine dans le Top 3 des meilleurs réalisateurs de la compétition, de même que Juan Imhoff et Agustin Gosio pour le Top 3 des marqueurs d’essais.

Le coach Daniel Hourcade, passé auparavant par les sélections nationales et sevens du Portugal et par le Stade Rouennais, a mis en place une équipe alliant des profils expérimentés au rugby européen voire déjà internationaux, des joueurs passés par le programme national de rugby à sept ainsi que les meilleurs espoirs nationaux restés au pays.

Nous retrouverons donc les Pampas la saison prochaine pour leur troisième participation en Vodacom Cup où ils ne seront plus considérés comme une petite équipe d’inconnus. Cette année 2012 sera d’importance car elle verra l’introduction des Pumas dans le Four Nations, l’extension de l’actuel Tri Nations. Il ne fait aucun doute qu’un grand nombre des joueurs présents cette année au sein des Pampas XV participera à cette aventure historique pour le rugby argentin.

Vers la fin du recrutement argentin en Top 14?
Cependant les clubs européens seront-ils toujours enclin à recruter des joueurs qui seraient absents jusqu’à fin septembre chaque année et qui manqueraient la préparation physique de leurs clubs. Seuls trois des Pampas actuels ont déjà signé un contrat pour la saison prochaine à savoir le capitaine Agustin Creevy avec Montpellier, Matias Cortese à Gloucester et le jeune Francisco Nahuel Tetaz au Stade Français.

Pourtant les performances de nombreux joueurs auraient en temps normal attisé l’intérêt des recruteurs européens, mais ce seront peut être les provinces de Super Rugby qui en profiteront. Des joueurs comme Mariano Galarza, Santiago Guzman, Tomas Leonardi, Nicolas Sanchez, Juan Imhoff ou Agustin Gosio semblent prêts à franchir l’étape du professionnalisme. Ils font d’ailleurs partie des 13 joueurs parmi les 45 retenus par Santiago Phelan, l’entraîneur national, afin de préparer le Mondial 2011 en affrontant par deux fois les Barbarians Français en Argentine (04-06 à Buenos Aires & 11-06 à Resistencia).

Le succès des Pampas XV est une grande nouvelle pour le rugby argentin à double titre. Il indique en premier lieu que les Pumas pourront rivaliser avec les nations majeures du rugby, ce que nous savons d’ores et déjà en France mais que les sudistes peinent encore à comprendre. Il montre enfin qu’une relève existe quand on s’inquiétait du devenir des argentins après les retraites prochaines des cadres comme Ledesma, Roncero, Scelzo ou encore Contepomi.


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27 mai 2011   1 commentaire

Super 15 : des nouvelles du Sud aux deux tiers de la compétition

Alors que la 12ème journée du Super Rugby débute vendredi, notre chroniqueur Adrien (SudRugby.com) revient sur ce qui se passe dans l’hémisphère Sud aux deux tiers de la compétition.

Nouvelle-Zélande : le retour des Blues d’Auckland
Au début de ce tournoi 2011 de Super Rugby, les Crusaders semblaient au-dessus du lot, tout au moins sur leur île. Après un mauvais départ face aux Blues suivi du terrible tremblement de terre de Christchurch, les hommes de Todd Blackadder ne sont toujours pas premiers de la conférence Néo-Zélandaise.

Ce sont pour l’instant leurs rivaux de l’île du Nord, les Blues d’Auckland qui ont ce privilège et qui devraient le conserver encore après cette douzième journée. En effet alors que les Crusaders sont en Afrique du sud pour affronter les redoutables Stormers, les Blues se rendent eux à Wellington pour jouer des Hurricanes à leur portée, l’écart de 3 points au classement devrait donc augmenter.

Que s’est-il passé à Auckland pour que les Blues retrouve un niveau digne des années Lomu, Spencer et Howlett? En premier lieu, le retour au plus haut niveau de leurs stars Ali Williams, Luke McAlister, Joe Rokocoko et Isaia Toeava est à prendre en compte, ceux-ci ayant été décevants ou blessés ces dernières saisons. Ils ont aujourd’hui retrouvé un niveau de jeu leur permettant même d’obtenir plus de responsabilités avec les All Blacks. Des joueurs comme Stephen Brett ou Alby Mathewson ainsi que les recrues Jared Payne, Daniel Braid et son frère Luke ont apporté un surplus de talent à cette franchise. Les Blues ont également eu la tristesse d’apprendre la semaine passée que leur coéquipier Kurtis Haiu souffrait d’une tumeur osseuse, ce qui devrait donner aux coéquipiers de Keven Mealamu le supplément de motivation nécessaire pour aller au bout et peut être offrir un quatrième tournoi à la franchise.

A la pointe de l’île du sud, les Highlanders font également sensation en ce début de tournoi, leurs victoires face aux Bulls et aux Crusaders pouvant être considérées comme des exploits. Leur nouveau coach Jamie Joseph, auparavant en charge des New Zealand maoris, a réussi à mettre en place un groupe alliant joueurs expérimentés et espoirs nationaux. Les résidents de Carisbrook se basent sur un pack très puissant où la première ligne impressionne (en particulier le capitaine Jamie Mackintosh), et bien que n’ayant pas été épargnés par les blessures, ils ont réussi à s’adapter à cette situation comme l’illustre le retour du « vieux » Tony Brown pour suppléer le fragile espoir Colin Slade. Les Hurricanes, décimés derrière, ne semblent pas pouvoir tenir le rythme des trois autres franchises. Il faudra toutefois que les Blues se méfient des Crusaders qui ont dû composer sans leurs deux stars Richie McCaw et Dan Carter pendant un long moment mais qui devraient être de retour pour les phases finales.

Australie : les Reds toujours devant
En Australie, malgré une courte défaite entachée de nombreuses erreurs d’arbitrage face aux Hurricanes, les Reds dominent toujours les débats. En déplacement ce week end à Melbourne, ils ne devraient pas avoir de difficultés à faire le plein face à des Rebels ayant perdu leur rugby et s’étant volontairement privés de Danny Cipriani et Richard Kingi suite à des erreurs de conduite.

Sale temps pour Rod MacQueen qui voit également ses ambitions de recrutement être fortement limitées par la mise en application d’un salary cap en Australie l’an prochain. L’infirmerie des Waratahs étant pleine, une Western Force sur la pente ascendante peut réaliser un difficile exploit à Sydney. Les hommes de Chris Hickey doivent notamment composer sans leurs deux talonneurs professionnels (Tatafu Polota Nau & Damien Fitzpatrick) et ont dû appeler en urgence deux joueurs amateurs du championnat de Sydney (John Ulugia et Ben Roberts). Le capitaine Phil Waugh ainsi que le centre Rob Horne pourraient eux être absent jusqu’à la fin du tournoi, ce qui est déjà le cas de Drew Mitchell, grièvement blessé il y a deux semaines face aux Reds.

Les véritables nouvelles d’importance « down under » viennent de la capitale Canberra où un secret de polichinelle a été révélé. Jake White, l’entraîneur des Springboks champions du monde en 2007, sera l’entraîneur des Brumbies pour quatre ans dès la saison prochaine. Il arrive avec l’inénarrable Eddie Jones dans ses valises et souhaiterait que la légende George Gregan participe au projet. Si l’actuel coach Tony Rea a d’ores et déjà annoncé son départ, on ne connaît toujours pas le sort réservé à ses adjoints Justin Harrisson et Stephen Larkham, autres légendes locales. Un White souhaitant redresser la franchise en se basant sur ses glorieux anciens ne devrait toutefois pas s’en séparer. Les Brumbies se rendent à Durban ce week end où une victoire face aux Sharks parait peu probable.

Afrique du Sud : les Sharks et puis c’est tout
Après des défaites successives face aux Crusaders, aux Reds et à la Western Force, les Bulls se sont fait peur le week end dernier contre les Chiefs mais ils pourront profiter d’un bye ce week end pour souffler. Bien que faisant face à une crise à l’ouverture, les Stormers se sont brillamment imposés face aux Sharks le week end dernier et voudront doubler la mise face aux Crusaders où le combat entre deux lignes arrières de talent s’annonce prometteur.

Les Sharks accueillent des Brumbies affaiblis mais devront se passer pour deux semaines de John Smit, par ailleurs renommé capitaine des Springboks pour la saison 2011 cette semaine. Enfin les deux plus faibles équipes Sud-Africaines, les Lions et les Cheetahs, s’affronteront à Johannesburg vendredi. Annoncée comme possible équipe surprise du tournoi, les Lions déçoivent énormément et John Mitchell a d’ailleurs rencontré cette semaine sa direction pour parler de la possibilité d’étoffer son groupe. Si l’arrivée de Butch James est déjà entérinée, on parle avec insistance d’un retour du Racingman François Steyn au pays.

Affaire à suivre…


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5 mai 2011   Pas de commentaire

Super rugby 2011 : les essais de la 10ème journée

Alors que le Top 14 va connaitre son dénouement dans deux semaines, le Super 15 est loin d’avoir rendu son verdict. Après 10 journées, rien n’est joué même si 6 clubs semblent se détacher nettement. Rencontresaxv.fr vous propose de (re)voir les plus beaux essais de la dernière journée.

Classement du Super 15 après 10 journées
1. Reds – 39 pts
2. Blues – 39 pts
3. Stormers – 37 pts
4. Crusaders – 35 pts
5. Highlanders – 34 pts
6. Sharks – 34 pts
7. Waratahs – 28 pts
8. Bulls – 22 pts
9. Chiefs – 21 pts
10. Brumbies – 21 pts
11. Western Force – 20 pts
12. Rebels – 19 pts
13. Hurricanes – 18 pts
14. Cheetahs – 15 pts
15. Lions – 10 pts

Les matchs de la 11ème journée (à partir de vendredi 29 avril)
Highlanders – Blues
Hurricanes – Reds
Waratahs – Rebels
Force – Crusaders
Cheetahs – Brumbies
Bulls – Chiefs
Stormers – Sharks

La semaine prochaine, retrouvez la chronique d’Adrien de Sudrugby.com.

28 avril 2011   Pas de commentaire

Super 15 : ces Reds qui impressionnent

Les Queensland Reds viennent de remporter leur sixième rencontre d’affilée, une performance qu’ils n’avaient plus réalisé depuis 1996. Pour rencontresaxv.fr, Adrien nous dit tout sur l’armada rouge.

Un saut dans le passé : retour en 1996
A cette époque, les rangs des joueurs du Queensland étaient composés de John Eales, Tim Horan, Daniel Herbert, Ben Tune, Toutai Kefu, Jason Little ou Michael Foley. De la à faire un parallèle entre les joueurs actuels de la franchise de Brisbane et les légendes Reds et Wallabies de 1996 il y a un gouffre… que je franchis allègrement. Les hommes d’Ewen McKenzie ont réalisé deux grosses performances coup sur coup en s’imposant à Cape Town face aux Stormers la semaine passée puis face aux Bulls à domicile ce week-end. Ils sont avec les Crusaders, favoris pour le titre cette année, une perspective inimaginable il y a tout juste plus d’un an en janvier 2010. Retour sur les évènements ayant ramené les Queenslanders vers les sommets.

Une longue descente aux enfers
Depuis la fin des années John Eales, emmenés par une génération médiocre, les Queensland Reds se sont éteints à petit feu, laissant aux Brumbies et aux Waratahs le soin de représenter l’Australie au plus haut niveau du Super Rugby. Après avoir dû composer avec les départs en 2005 de Wendell Sailor et d’Elton Flatley, le coup de grâce est porté à la franchise en 2006 avec la création de la Western Force.

Le rugby n’étant que très peu développé en Western Australia, il a bien fallu recruter ailleurs, et donc sur la côte Est. Le New South Wales étant déjà couvert par les Waratahs et les Brumbies, John Mitchell s’est donc tourné vers le Queensland, autre bastion du rugby union, pour former son groupe.

Sur deux années, 2006 et 2007, la Force a non seulement débauché des cadres des Reds comme Nathan Sharpe ou Drew Mitchell, des espoirs comme Digby Ioane, Scott Daruda ou Lachlan MacKay mais surtout des jeunes du Queensland n’ayant pas encore percé en tant que pro comme David Pocock, Richard Brown ou James O’Connor. Privés de ses cadres, de ses espoirs et de sa base, les Reds ont sombré entre 2006 et 2009 sous les directions successives de Jeff Milner, de l’inénarrable Eddie Jones puis de Phil Mooney, alternant entre la 12e et la dernière place.

Au cours de ces années galères, synonymes de reconstruction, Mooney a eu le mérite de recruter malin avec le retour de Ioane, la venue des frères Faingaa ou les signatures de Leroy Houston et Rodney Davies, mais aussi de ne pas hésiter à lancer des jeunes et à leur maintenir sa confiance. Quade Cooper, Will Genia, James Horwill, Ben Daley, Scott Higginbotham ou Peter Hynes ont ainsi eu plusieurs saisons pour se roder au haut niveau et devenir les joueurs que l’on connait actuellement.

La métamorphose opérée par Ewen McKenzie
Au cours du second semestre 2009, l’annonce des départs de Berrick Barnes et de Hugh McMeniman laissait présager d’un tournoi 2010 galère pour les hommes du nouveau coach, Ewen McKenzie, tout fraichement débarqué (dans les deux sens du terme) de Paris.

J’étais le premier à critiquer ce choix d’entraîneur, McKenzie représentant à mes yeux deux échecs aux Waratahs puis au Stade Français ainsi qu’un style de jeu peu ambitieux, à l’image des Wallabies 2003-08. Et les résultats des Reds lors du Super 14 2010 m’ont fait comprendre que je m’étais complètement trompé! Libéré de l’ombre de Berrick Barnes dont la présence le reléguait au poste de premier centre, Quade Cooper à pris une autre dimension et le jeu des Reds s’est ainsi débridé et plus porté vers l’offensive. Les mauvaises langues parleront des lacunes défensives et du faible ratio de coups de pied transformés, mais le spectacle offert sur le terrain et le nombre d’essais inscrits vaut bien plus que les nombreuses purges défensives auxquelles nous assistons en Europe.

Les Reds 2011 paraissent plus sérieux, matures et engagés que l’an passé. La claque reçue face aux Waratahs à Sydney en début de tournoi, leur dernière défaite en date, a eu l’effet escompté, et la victoire de la semaine dernière à Cape Town a démontré que les Reds n’étaient pas là que pour faire le show. Le choc du 29 mai face aux Crusaders à Brisbane est désormais attendu avec impatience aux quatre coins du globe, mais auparavant les hommes du capitaine James Horwill ont une revanche à domicile à jouer ce week end face aux Waratahs.

Quel avenir ?
Luke Morahan, auteur de deux essais face aux Bulls et très estimé par Robbie Deans est passé récemment par le programme australien de rugby à VII. C’était le cas l’an passé pour Liam Gill, Kimami Sitauti, Dom Shipperley et cette année pour Jono Lance, Joel Faulkner, Aidan Toua et Tevita Kuridrani. Les Reds ne sont donc pas près de perdre leur style de jeu, la relève étant déjà rodée et prête en cas de défection. Car c’est bien ce dernier point qui fait peur dans le Queensland. Après la Western Force, ce sont les Melbourne Rebels qui ont intégré le Super Rugby et ces deux franchises sont très riches. Déjà délestés sans véritable dommage de Laurie Weeks, Adam Byrnes et Richard Kingi l’an passé, les nouvelles cibles des Victoriens sont Quade Cooper et Luke Morahan.

Malgré les rumeurs de son transfert vers Melbourne, James O’Connor n’aurait encore rien signé et aurait été contacté par Ewen McKenzie pour un retour à la maison! Pour l’instant, arrivées comme départs ne sont qu’au stade des rumeurs. Le changement opéré fin 2009 avec l’intronisation des légendes locales Rod McCall à la présidence, Tim Horan, Daniel Herbert et Dan Crowley en charge du développement du rugby et de la détection dans l’état commencent à porter leurs fruits. La proportion de jeunes Queenslanders dans les sélections espoirs ou schoolboys ne cesse de croître laissant augurer un avenir prometteur pour la franchise, malgré l’appétit des zones desoeuvrés rugbystiquement, Melbourne et Perth!


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20 avril 2011   Pas de commentaire

Super 15 2011 : le point après 6 journées

Si le Top 14 était en fête avec les délocalisations au Stade de France et à Anoeta, le Super 15 s’est lui aussi fendu d’un match hors de ses bases. Chronique d’une compétition passionnante.

Première dans l’histoire à Twickenham
Suite au terrible tremblement de terre à Christchurch, les Crusaders ont décidé d’organiser leur rencontre face aux Sharks à Twickenham, s’appuyant sur les fortes communautés sudistes de Londres. Malheureusement, malgré le cadeau fait aux Londoniens, ils n’ont été que 35 000 spectateurs à se déplacer dans l’ouest de la capitale anglaise. Les Crusaders bénéficient désormais d’une semaine de repos pour se remettre du décalage horaire alors que les Sharks, qui jouent la semaine prochaine à Durban, auront enchaîné Nouvelle-Zélande, Angleterre et Afrique du Sud en deux semaines! Un effort charitable qui pourrait au final leur coûter cher.

Derrière les Stormers, des clubs se relancent
Les finalistes de la saison passée, exemptés en première journée, n’ont
pour l’instant perdu aucune de leurs rencontres. Un peu poussifs en
début de tournoi en se reposant essentiellement sur les coups de pied de Peter Grant, les Stormers se sont lâchés face à la Western Force en inscrivant six essais.

Des résultats probants qui propulsent les joueurs du Cap en première position après six journées, mais il faut toutefois souligner qu’ils n’ont pas encore évolué hors d’Afrique du Sud même si leur calendrier futur est tout de même avantageux. Après un départ manqué ou un accroc, les Crusaders ainsi que les Reds se sont relancés de manière brillante et sont considérés aujourd’hui comme des candidats sérieux au titre. Si les Australiens sont capables du meilleur comme du pire (voir leur défaite face aux Waratahs ou leurs relances insensées face aux Cheetahs), les kiwis sont eux sérieusement armés pour aller jusqu’au bout.

L’association Carter-Williams-Fruean-Dagg s’impose comme une référence en Nouvelle Zélande, et l’ailier Sean Maitland fait exploser les compteurs avec désormais sept essais à son actif. La surprise vient cependant d’Auckland où les Blues semblent retrouver leur splendeur passée du temps des Howlett, Spencer et Lomu. Les retours en forme d’Ali Williams et de Luke McAlister ne sont pas innocents à cette renaissance.

Quelques déceptions
Après deux titres d’affilée, les Bulls marquent le pas avec deux défaites et un nul en six rencontres. Pourtant favoris pour le hat trick et dépourvus de blessés importants, les joueurs de Pretoria ne parviennent pas à retrouver leur niveau de forme de l’an passé. Ou alors ce sont juste leurs adversaires qui ont rehaussé leur niveau?

Du côté de Sydney, les Waratahs et leur armée de Wallabies ont fortement déçus malgré leur départ canon. Après leur défaite face aux Crusaders à Nelson, ils ont été ridicules en accumulant les fautes de débutant à domicile face aux faibles Cheetahs. La victoire face aux rivaux des Brumbies a certainement redonné du baume au cœur des coéquipiers de Phil Waugh. Malgré une ligne de trois quarts estampillée All Blacks, les Hurricanes comptent trois défaites en quatre rencontres (la cinquième ayant été déclarée nulle suite au tremblement de terre de Christchurch).

Beaucoup de changements tactiques du côté de Wellington où la charnière ne bénéficie pas d’une constance nécessaire pour pouvoir installer son jeu. Aaron Cruden, révélation de l’an passé, a été ainsi écarté au profit de Daniel Kirkpatrick. Les clubs du Top 14 devraient observer de plus près Neemia Tialata avant de lui proposer un pont d’or! L’absence de Piri Weepu se fait également cruellement sentir.

Enfin doit-on considérer les Lions comme une déception ou une équipe en progression compte tenu de leur calamiteux tournoi 2010? Même si l’ensemble est intéressant, nous restons sur notre faim!

Surprenant mais prévisible
Les Brumbies ont beau être la franchise Australienne la plus titrée de
l’hémisphère sud, il ne faut pas omettre pour autant qu’elle s’est
considérablement affaiblie ces dernières années. La région de Canberra
ne produit pas énormément de jeunes joueurs et les espoirs de Sydney ou Brisbane oubliés des Waratahs et des Reds sont désormais plus enclins à rejoindre les franchises plus riches de Melbourne ou Perth. De plus la mini révolution de la troisième journée ayant vu le licenciement du coach Andy Friend a plongé le club dans l’instabilité.

Aux dernières nouvelles, Adam Ashley-Cooper devrait annoncer son départ pour les Waratahs après le mondial et Jake White ferait le ménage dans le staff (dont Stephen Larkham) s’il rejoignait la capitale Australienne. Les Brumbies traversent une crise sans précédent et il leur sera très difficile de se relever lors de ce tournoi. Enfin trois équipes, les Highlanders, les Sharks et les Rebels semblent capables du meilleur comme du pire. En alternant succès probants, défaites cuisantes et performances mitigées, ces équipes ne paraissent pas en mesure d’aller jusqu’au bout mais ne peuvent être négligées. Il faut cependant noter le travail énorme effectué par Jamie Joseph à Dunedin avec une équipe qui semblait vouée à la cuillère de bois.

Un tiers du tournoi a été joué et les favoris se sont déjà positionnés. Cependant rien n’est joué, les voyages, la fatigue et les éventuelles blessures pouvant affecter un groupe à tout moment. Il faudra également surveiller les stars qui pourraient vouloir s’économiser en prévision du mondial.


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31 mars 2011   Pas de commentaire

Succès et infortune sur les deux rives de la mer de Tasman

Si les All Blacks restent toujours au sommet de la hiérarchie mondiale, il n’en est pas de même pour les provinces Néo-Zélandaises du Super 15. La chronique de Sudrugby.com.

Richie Mccaw, le grand absent des Crusaders

Richie Mccaw, le grand absent des Crusaders

Peur et tremblement chez les Crusaders
Les Crusaders semblaient être les seuls à pouvoir conserver une place au sommet de l’élite sudiste mais c’était avant ce 22 février dernier où la terre a tremblée à Christchurch. Le week end auparavant, les hommes de Todd Blackatter avaient déjà montrés quelques lacunes lors de la première journée où, en l’absence de leur leader Richie McCaw et de leur recrue phare Sonny Bill Williams, ils se sont inclinés à l’Eden Park face aux Blues.
Depuis le tremblement de terre les joueurs, surpris pendant l’entraînement, sont terriblement choqués et se retrouvent également privés de leur enceinte, l’AMI Stadium, dont la structure doit être expertisée et la pelouse complètement refaite. Leur nouveau point de chute se trouve à plus de 400km au Nord, à Nelson, où ils évolueront au Trafalgar Park, habituel antre des Tasman Makos en ITM Cup.

Leur rencontre prévue le week end dernier face aux Hurricanes a été annulée et pour leur retour à la compétition ils devront affronter des Waratahs en très grande forme. Si les Crusaders ne réussissent pas à se remettre de ce terrible coup du sort, il y a fort à parier qu’aucune autre province kiwi ne parvienne à prendre le relais, comme l’ont illustré les défaites sans saveur des Blues et des Chiefs face à des Sharks et des Brumbies pourtant affaiblis en ce début de tournoi. Je suis pessimiste à leur sujet car elles semblent avoir été victimes d’un syndrome habituellement propre au rugby français, la faible confiance accordée aux jeunes au profit de la soi disante expérience des anciens. Les départs de Tuitavake, Bateman, Wulf, Bowden, Waldrom ou Ellison vers l’Europe et le Japon n’ont été compensés que par l’arrivée de « vieux » comme Tana Umaga, Brad Mika, Tony Brown ou Mahonri Schwalger et le réservoir ne semble plus aussi dense qu’auparavant.

De l’autre côté de la mer de Tasman
Affront suprême, certains déçus ont traversé la mer de Tasman pour renforcer les franchises australiennes. Alors que le pays manque cruellement d’ouvreurs derrière Carter, Michael Harris est parti seconder Quade Cooper aux Reds. Willie Ripia et David Smith se sont eux installés à Perth pour rebâtir l’attaque de la Western Force sans compter les nombreux kiwis qui participent au lancement des Melbourne Rebels. Brumbies et Waratahs ont eux aussi pioché dans les oubliés de coachs Néo-Zélandais qui devraient bientôt s’en mordre les doigts.

Un Super 15 australien?
Les Australiens sont eux sur la pente ascendante depuis 2007 où leur Super 14 et leur Coupe du Monde furent déplorables. Avec le retour de John O’Neill aux commandes de la fédération et l’arrivée de Robbie Deans à la tête de l’équipe nationale, le style des Wallabies a profondement changé et a tout naturellement influencé ses provinces. Ces dernières années ont sonné le glas d’un jeu stéréotypé basé sur du physique à outrance au profit de plus de légèreté et d’un jeu d’attaque rapide. Certes les défenses semblent plus friables mais si l’adversaire touche moins de ballon, le risque est moindre. A être trop conservateur, les Européens ont oublié l’essentiel : jouer et se faire plaisir!

Le renouveau des Waratahs
Les Waratahs ont entamé une spectaculaire remontée depuis 2008 où ils ont toujours terminé dans les cinq premiers grâce à un recrutement intelligent (Barnes, Mitchell, Mowen ou Burgess) et en faisant surtout confiance aux jeunes (Beale, Turner, Horne voire Mumm). Ils sont cette année considérés comme les grands favoris de la compétition et n’ont pour l’instant pas déçu avec deux larges victoires bonifiées. Les Reds, touchés par des inondations démentielles et un ouragan en début d’année, ont également enclenché un redressement spectaculaire et inattendu sous la houlette d’Ewen McKenzie dès son licenciement du Stade Français, et s’affichent désormais comme un sérieux outsider pour la victoire.

Mais la surprise pourrait venir de Perth où le départ de John Mitchell remplacé par son ancien adjoint, Richard Graham, également ancien adjoint de Robbie Deans chargé des « skills » des Wallabies, a changé le type management et l’état d’esprit de la franchise. Libérés de l’omniprésence du technicien kiwi, les coéquipiers de Nathan Sharpe devraient offrir un jeu proche de celui de l’équipe nationale avec en chef d’orchestre un James O’Connor repositionné à l’ouverture ou en premier centre. Graham s’est basé sur de nombreux oubliés des autres provinces ainsi que sur des joueurs revanchards. Après être passés près de l’exploit face aux Reds à Brisbane, leur match de ce week end face aux Sharks à domicile pourrait servir de véritable mètre étalon. Ancienne place forte du rugby australien, les Brumbies semblent désormais assez loin de leur niveau passé. Leur coach Andy Friend vient d’être remercié après seulement deux journées et l’on ne sait plus trop qui commande dans cette franchise. La défaite face à des Rebels pourtant fébriles à tiré la sonnette d’alarme mais n’y avait-il pas d’autres solutions?

En 2007 deux provinces Sud-Africaines (Bulls et Sharks) s’étaient retrouvées en finale du Super 14 alors que dans le Nord deux clubs anglais (Wasps et Leicester) s’étaient affrontés en finale de H Cup, et l’on se souvient tous de l’affiche de la finale de la Coupe du Monde au Stade de France. Ce tournoi 2011 pré-mondial est donc important car il permettra de juger indirectement le niveau des trois principales nations sudistes. Et pour le moment les atouts se trouvent du côté australien.


Retrouvez deux fois par mois sur rencontresaxv.fr, la chronique d’Adrien de sudrugby.com.

3 mars 2011   Pas de commentaire